Christophe W. Chammartin

Reportage, 2012

A la conquête, une petite histoire du progrès

Sur la route sans issue qui mène à Zagon, petit village de 5000 habitants au pied des Carpates, Transylvanie, Roumanie, novembre 2011
Beaucoup de maisons du village ne sont plus habitées, ni entretenues. La population roumaine vieillit, Zagon, Transylvanie, Roumanie, avril 2011
Deux amis, originaire de Suisse Orientale, Stefan et Samuel (sur l'image) ont créé Karpaten Meat et acheté plus de 1000 hectares. Grâce à de nombreux partenaires, ils gèrent une exploitation de près de 4000 ha, Marpod, Transylvanie, Roumanie, 2011
Rémi pratique une agriculture de subsistance sur moins de 3 hectares. Ces petites exploitations représentent plus de la moitié de la population paysanne roumaine, c-à-d 3,5 millions de personnes, Zagon, Transylvanie, novembre 2011
Rémi et sa femme Marioara dans leur cuisine de 6m2. Elle s'occupe des tâches domestiques, et des animaux lorsqu'il a trop bu. Sans connexion à l'internet, ni à l'eau courante, ils n'ont pas accès aux subventions de l'UE, Zagon, Transylvanie, avril 2011
Karpaten Meat possède sa propre filiale juridique pour l'acquisition de terres. Stefan, co-directeur et Florina, responsable marketing, m'expliquent qu'il n'est pas rare de trouver 3 ou 4 propriétaires se partageant un hectare, Marpod, Transylvanie, novembre 2011
2h30, 8 juillet 2011, les candidats au départ se regroupent sur la place du village. Recrutés via un obscur réseau d'intermédiaires, les migrants ne connaissent pas précisément leur destination, Intorzura Buzaolui, près de Zagon, Transylvanie
Voisin de Rémi, Georghe vient de quitter sa femme, ses 3 enfants en bas âge, sa ferme et son pays pour cueillir des salades allemandes. En Roumanie, plus de 350'000 enfants vivent en l'absence d'au moins un de leurs parents, Hongrie, 8 juillet 2011

Projektbeschrieb

La Roumanie compte 22 millions d’habitants, 30% d’entre eux sont paysans. La France compte 3.4% d’agriculteurs, le Royaume Uni 1.4%. La population agricole des nouveaux Etats membres de l'Union Européenne diminue, parallèlement à l’augmentation de la compétitivité de leur agriculture. Mais qu’advient-il concrètement de la vie de ces personnes ?

Dès septembre 2010, je pars sur les routes de l’Europe pour comprendre comment les paysans roumains vivent leur nouvelle réalité. L’autosubsistance paysanne, très répandue dans les campagnes roumaines est mise en concurrence avec des entreprises agro-industrielles de l’Ouest. Bénéficiant d’accès facilités aux fonds européens pour l’agriculture ainsi que de capitaux bancaires contractés dans leur propre pays, les entreprises étrangères ne jouent pas dans la même ligue que les Roumains.

Les images ce reportage socio-poétique sont réalisées avec de vieux films négatifs couleur afin transmettre l’émotion particulière qu’inspirent les forêts transylvaniennes. Les teintes pastelles s'accordent avec la nostalgie roumaine que j’ai partagée tout au long de ce travail.

Si « l’on est ce qu’on mange », il me semble alors primordial de sensibiliser le public aux conditions de vie de 7 millions de citoyens européens. Le secteur socio-économique le plus important de Roumanie se modifie rapidement. Chaque jour qui passe dévoile un peu plus la fragilité de la politique agricole européenne.
Notre alimentation demeure plus que jamais, une responsabilité fondamentale de société, de chacun…

Publikationsinformationen

Titel der Arbeit
A la conquête, une petite histoire du progrès
Agentur
Rezo.ch
Kunde
Ringier
Publikation
L'illustré
Ausgabe
2 et 3 2012
Seite(n)
42 à 49 et 43 à 51