Alberto Campi

Reportage, 2012

Beyond Evros Wall

Kategoriensieger "Reportage" 2012

Réfugié syrien montrant une photo prise avec son téléphone portable lors d'un contrôle d'identité effectué par la police grecque. Alexandroupoli, Grèce, 2012.
Femme migrante afghane de condition aisée voyageant en train avec toute sa famille de Orestiada à Alexandroupoli. Comme les autres migrants, elle a été placée dans l'arrière du train par le contrôleur, qui pratique une ségrégation raciale systématique. Orestiada, Grèce, 2012.
Quatre personnes attendent le moment propice pour communiquer avec leurs amis et parents incarcérés dans le Misafirhane, littéralement 'auberge des invités', en réalité le Centre de rétention administrative pour étrangers en situation irrégulière. Istanbul, Turquie, 2012.
Deux migrants afghans passent leur journée dans une maison occupée, en attendant la nuit pour aller dormir sous un pont, afin d'échapper aux contrôles policiers, plus violents après le coucher de soleil. Patras, Grèce, 2012.
Pendant la journée, les migrants les plus démunis dorment sous le pont de la gare Larissa d'Athènes. La nuit les migrants ne peuvent pas se permettre de dormir, par peur des escadrons de Aube Dorée, parti néonazi grec, et de la police. Athènes, Grèce, 2012.
Migrant afghan vivant dans une maison occupée lit des versets écrits en arabe par des migrants de passage sur la seule fenêtre intacte de leur demeure temporaire. Patras, Grèce, 2012.
Un migrant afghan mémorise les 'meilleurs' codes internationaux des plaques d'immatriculation des camions sous lesquels il pourrait essayer de se cacher dans les prochains jours en vue d'atteindre l'Europe occidentale par bâteau. Patras, Grèce, 2012.
Un migrant nous montre ce qu'il conserve dans sa poche: des pions du jeu de société Monopoly. Une métaphore très réussite des jeux migratoires contemporains: achètes-toi un faux passeport et tu atteindras (peut-être) la case suivante. Patras, Grèce, 2012.

Projektbeschrieb

En avril 2012 je tombe par hasard sur le titre d'un article sorti dans la presse suisse: "Arno Klarsfeld veut un mur entre la Grèce et la Turquie". Ignare, j'en parle à Cristina Del Biaggio, amie et géographe. Avec le soutien du cartographe du Monde Diplomatique Philippe Rekacewicz, le bi-mensuel LaCité et de l'Université de Genève, Cristina Del Biaggio et moi partons en Grèce afin de témoigner de ce mur aux portes de l'Europe, pensé pour arrêter le flux migratoires. La région de l'Evros, là où le mur a été construit, est la première étape d'un voyage de deux mois (juin 2012 – août 2012) qui nous a amenés également à Istanbul, Athènes et Patras.

Le reportage n'a pas seulement été pensé pour la presse. Parallèlement à cette typologie de diffusion "classique", avec Cristina Del Biaggio, nous envisageons de produire un webdoc sur la migration et nous avons conçu un programme pédagogique qui s'adresse aux élèves des écoles secondaires et supérieures et aux étudiants universitaires ayant comme objectif le développement du sens critique à travers le langage photographique.

J'ai choisi des compositions sèches, assouplies par des couleurs chaudes dans le but de reproduire graphiquement la chaleur étouffante et le sens de stagnation qui en découle. Quand je prends une photo, l'ensemble de mes énergies sont utilisées pour éliminer la barrière que l'appareil photographique tend à créer. Une photo "marche" quand elle montre le côté intime du moment, elle souligne la dignité du sujet et montre la poésie inhérente à la mesquinerie de la normalité.

Publikationsinformationen

Titel der Arbeit
Beyond Evros Wall
Publikation
La Cité
Ausgabe
AN 2/n°1,2,4
Seite(n)
10-11